Lait sans OGM : de quoi parle-t-on ?

Lait sans OGM : de quoi parle-t-on ?

Saviez-vous qu’en Franche-Comté, une filière laitière vertueuse s’organise pour vous offrir de bons produits ? La Fromagerie Milleret, en partenariat avec des éleveurs responsables de la région, a choisi d’utiliser un lait issu de vaches nourries différemment, avec des fourrages locaux sans OGM. Intéressé(e) ? Définition, intérêts, processus de production : on vous dit tout sur le « lait sans OGM ».

« Lait sans OGM » : que dit la loi ?

Lorsqu’on parle de « lait sans OGM » on se réfère à un lait « issu de vaches nourries sans OGM (< 0,9 % contamination fortuite et non évitable, conformément à la réglementation en vigueur1) ». Il existe ainsi une petite tolérance, certaines contaminations étant tout simplement impossibles à éviter pour les producteurs de fourrage et de tourteaux végétaux (produits dérivés du colza, du maïs ou encore du soja, très riches en protéines) et autres aliments destinés aux bovins.

En effet, le pollen qui atteint nos champs et pâturages accomplit parfois un long voyage ! Il peut parcourir plusieurs kilomètres, transporté par le vent, les insectes ou les oiseaux, avant de polliniser nos plantes vierges de tout OGM. Puisqu’il est impossible de connaître sa provenance exacte, il se peut qu’une petite partie de celui-ci soit sujet à une contamination légère et fortuite. Cependant, ce phénomène est mineur en France, la culture d’OGM à vocation commerciale étant interdite depuis 2008 sur l’ensemble du territoire par principe de précaution. Le problème de contamination par « pollinisation croisée » se pose donc principalement pour les vaches nourries avec des produits importés.

Quelle est la place du « lait sans OGM » dans la production française et européenne ?

Si les données statistiques manquent pour vous donner un chiffre précis, l’ensemble des professionnels du secteur estiment que la production de lait sans OGM représente déjà 20 à 25 % de la production totale française2. C’est mieux qu’il y a quelques années, mais la France est classée encore derrière l’Allemagne où 50 % de la production laitière est « sans OGM ».

Cependant, ce n’est pas à l’Allemagne mais bien à l’Autriche que revient la palme d’or ! Premier pays européen à s’être fermement engagé contre la présence d’OGM dans l’alimentation des vaches, elle affiche fièrement une production laitière 100 % sans OGM à ce jour. Il lui a fallu environ 7 ans pour atteindre ce résultat : la France en fera-t-elle autant ?

Comment expliquer que les OGM aient été et soient encore autant utilisés pour nourrir les vaches en France ?

L’alimentation des vaches a considérablement évolué au fil du temps. Aujourd’hui elle est notamment enrichie en protéines, dans le but de favoriser la production de lait : pour cela, beaucoup d’éleveurs nourrissent leurs vaches avec des produits à base de soja, importés de l’étranger. Lorsqu’ils sont issus de l’importation, ceux-ci représentent souvent la principale source d’OGM dans l’alimentation des vaches laitières. Pourquoi ? D’une part, parce que la production de soja française n’est pas suffisante pour couvrir les besoins des éleveurs. Ils sont donc obligés de se tourner vers des producteurs étrangers, en particulier en Amérique du Sud (ex. : Brésil) et aux États-Unis, où près de 90 %4 du soja cultivé est transgénique… Et d’autre part, parce que le soja garanti sans OGM est nettement plus cher que le soja d’importation.

Et pourtant, en France le soja sans OGM est de plus en plus recherché. L’agriculture française doit donc faire face à de nouveaux défis. D’une part, la demande croissante incite les agriculteurs à produire suffisamment de soja sans OGM pour pouvoir y répondre. D’autre part, les cultures de plantes alternatives au soja se développent. Le lin, la luzerne et le colza, par exemple, sont tout aussi riches en protéines, et sont parfaitement adaptés à l’alimentation des vaches laitières !

Cette dynamique vertueuse, qui implique les agriculteurs comme les éleveurs, contribue au développement de la filière laitière sans OGM. En dépit du rendement assuré par les PGM (plantes génétiquement modifiées), de plus en plus de professionnels prennent conscience de l’intérêt du lait sans OGM en France. Notre fromagerie soutient d’ailleurs activement le développement de la filière, à travers sa démarche Grand Pâturage, à laquelle adhèrent déjà plusieurs fermes de Franche-Comté fières de leurs pratiques d’élevage vertueuses et responsables.

Concrètement, comment le lait sans OGM est-il obtenu ?

Nos éleveurs partenaires Grand Pâturage nous prouvent chaque jour qu’il est tout à fait possible de bien nourrir ses vaches et d’obtenir un bon lait, en se passant des produits génétiquement modifiés. Une bonne maîtrise du pâturage et le fait de varier les récoltes avec d’autres plantes cultivées en France telles que le lin, permet d’assurer un excellent apport de protéines au bétail. Mais nous reconnaissons que passer à une alimentation sans OGM demande un véritable engagement de la part de l’éleveur. C’est pourquoi notre fromagerie familiale soutient leurs démarches, en versant une prime "sans OGM" aux fermes partenaires.

En pratique, chez nos éleveurs toutes les vaches laitières de l’exploitation profitent d’une alimentation sans OGM (taux inférieur à 0,9 %), en conformité avec la réglementation en vigueur, le cahier des charges CNIEL (Centre national interprofessionnel de l'Économie laitière) et notre charte Lait Grand Pâturage. À leur menu ? Principalement de l’herbe fraîche qu’elles broutent à volonté au pré lorsque les conditions météorologiques s’y prêtent. Mais lorsque le climat se fait trop rude, les vaches préfèrent savourer du fourrage à l’étable !

En temps normal, nos producteurs laitiers responsables assurent leur autonomie fourragère. Cela signifie que les différents types de fourrage utilisés, comme le foin séché par exemple, sont produits et récoltés directement sur leur exploitation. Ils restent libres d’acheter du fourrage complémentaire en cas de force majeure, à condition de toujours se réapprovisionner dans la région.

Pour obtenir le lait valorisé Grand Pâturage, les vaches sont donc nourries non seulement sans OGM, mais aussi avec des produits issus de l’agriculture locale de Franche-Comté.

Lait sans OGM, mais pas que ! Les autres engagements Grand Pâturage

Si garantir un lait issu d’animaux nourris sans OGM fait partie des principaux points de notre démarche Grand Pâturage, nos producteurs laitiers partenaires et nous-mêmes accordons aussi beaucoup d’importance au bien-être animal.

Chaque éleveur adhérant à la démarche s'engage notamment à veiller quotidiennement sur la bonne santé de son troupeau. Il doit aussi lui assurer des conditions de vie confortables : un soin particulier est accordé aux repos des bêtes (6 m² de surface de couchage minimal) et à la qualité de leur pâturage. Avec au moins 25 ares par vache, les troupeaux de nos partenaires profitent d’un espace bien plus vaste que la moyenne pour pâturer ! Ils ont accès au pré plus de 180 jours par an, grâce aux conditions climatiques clémentes de la Franche-Comté.

Nous travaillons avec des fermes locales, à taille humaine : les troupeaux comptent en moyenne 60 vaches, ce qui permet aux éleveurs de consacrer à chacune d’entre elles tout le temps et l’attention qu’elles méritent.

Mais adhérer à la charte « Lait Grand Pâturage » c’est aussi, entre autres :

  • appliquer de rigoureuses règles d’hygiène pour garantir la qualité du lait ;
  • garantir des conditions de travail sécuritaires à tous les membres de l’exploitation ;
  • assurer la traçabilité de chacune de ses vaches laitières ;
  • mettre différentes mesures en place pour réduire au maximum l’empreinte environnementale de son exploitation…

De nombreux critères de qualité doivent être remplis pour obtenir un lait « Grand Pâturage ». Cela peut sembler beaucoup mais il n’en faut pas moins pour produire un bon lait sans OGM !

 

Notes :

  1. Décret n° 2012-128 du 30 janvier 2012 relatif à l'étiquetage des denrées alimentaires issues de filières qualifiées « sans organismes génétiquement modifiés »
  2. Pleinchamp.com « Le lait sans OGM, une future norme pour le lait conventionnel »
  3. Businessfrance.fr, « L’Autriche championne du lait sans OGM »
  4. 20 minutes, « États-Unis, les OGM dominent largement les cultures de maïs et de soja »
  5. The Farm‐Scale Evaluations (FSE)

Découvrez les autres avantages du lait Grand Pâturage !

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